MUTATION (nouvelle), Marie Tinet. Nutty Sheep 2016.

Publié: 12 novembre 2016 dans Non classé

Bon,
Je vais commencer par me chercher des excuses. Au cas où. Critiquer ou chroniquer une nouvelle, ce n’est pas aisé. Notamment parce que je suis un fervent adepte de la secte de No-Spoil. J’ai conscience que cette communauté s’effrite, mais je m’accroche tel le bouledogue français à son os.
Ce n’est pas facile parce que l’exercice est court, intense et toujours frustrant. Pour pratiquer aussi l’écriture de la nouvelle, je sais très bien ce que ressent l’auteur à la « livraison » de son texte. Cette envie d’encore changer un mot, une formule ou une métaphore. Car c’est un fait, une nouvelle doit être « parfaite », la moindre boiterie la rendant irrémédiablement bancale.

J’ai eu l’occasion de lire une nouvelle de Marie Tinet, chez le Nutty Sheep. Une nouvelle dans le cadre du mois « Post apocalyptique » dans cette dynamique jeune maison. Je parle de « Mutation ».
Le cadre étant fixé, ce n’est donc pas la peine de rappeler qu’il y a eu tel ou tel cataclysme, Marie ne le fait pas, c’est un bon point. Elle décide de partir bille en tête dans l’action, sans perdre de temps à chercher du background qui ferait forcement artificiel. Un second bon point. Je vous rappelle à l’occasion mon appartenance aux non-spoil et donc je vous parlerai juste d’un monde post-apocalyptique où rodent des bestioles aux membres démesurés et arborant une franche antipathie pour tout ce qui vit. Et d’une héroïne frèle, seule et courageuse.
Si le contraste peut ressembler à du pyrocédé et à une certaine facilité, il n’en fonctionne pas moins impeccablement. Le tout nous emmene à la vitesse grand « V » vers la conclusion.

Voilà que se pointe mon seul petit bémol : « la vitesse ». Et je ne parle pas de temps de lecture ou de longueur du texte, je parle de la lecture, de ce texte tout en phrases courtes, sans respiration, sans répis. Ce ne sont pas les « Misérables » de Totor hein, on peut lire cette nouvelle d’une traite. C’est juste que quelques respirations auraient peut-être rendu le reste encore plus efficace.
J’ai employé le mot « bémol ». Déjà parce que c’est évidement volontaire, maîtrisé. C’est donc un léger défaut sans conséquence sur le plaisir de la lecture de cette histoire, somme toute relativement classique mais où les non-dits et les zones d’ombres permettent au lecteur de glisser ses propres terreurs sans le moindre mal.

Je trouve ridicule la mode qui tend à noter les écrits, forcement à l’aide de critères empiriques et fluctuants. Je dirais que malgré la tension, je suis sorti de la lecture satisfait et avec un sourire de lecturovore assouvi.

Je suivrais Marie Tinet avec un grand plaisir.

A noter la très belle couverture de Odet Benitez Gutierrez reproduite ici-même. On ne parle pas assez des illustrations et des couvertures. D’ailleurs, je n’en parle toujours pas… Je vais trouver un moyen d’y remédier.
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